L’Algérie figure parmi les rares pays au monde à subventionner encore le prix y compris de la baguette de pain en plus de produits alimentaires et énergétiques. Ce n’est pas une si mauvaise chose en soi d’aider les couches les plus défavorisées a manger à leur faim.

Or, il se trouve que ce système de subvention massif de presque tous les produits profite surtout aux nantis de la république. Une inconséquence économique que vient de pointer le fonds monétaire international (FMI) dans son étude sur les subventions énergétiques et alimentaires dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA).

Des subvention que le FMI trouve «coûteuses» et «inefficaces», suggérant que les pays qui n’ont pas encore entrepris de réformes en la matière devraient commencer à s’y préparer en améliorant la transparence et la sensibilisation au coût des subventions et en mettant en place des dispositifs efficients de protection sociale.

Pour l’institution de Bretton Woods, des pays comme l’Algérie ne pourront pas continuer à supporter indéfiniment ce «fardeau de plus en plus difficile à supporter».

En chiffre, le FMI, estime les subventions énergétiques dans les pays MENA à quelque 237 milliards de dollars en 2011, soit l’équivalent de 48% des subventions mondiales et de 8,6% du PIB de la région !

Subvention à tort et à travers

Chez les pays exportateurs de pétrole, ces subventions se sont élevées à 204 milliards de dollars selon le FMI. 22 milliards de dollars, soit 0,7% du PIB, ont été alloués par ces pays pour soutenir l’importation de produits alimentaires en 2011.

Dans son étude consacrée à «La réforme des subventions en région MENA, le Fonds recommande aux pays de la région, qui n’ont pas encore entamé ces réformes, à l’image de l’Algérie, de s’y atteler le plus tôt possible.

Motif ? Le FMI pense que ces pays doivent «préparer leurs opinions publiques sur les coûts engendrés qui constitueront un fardeau de plus en plus difficile à supporter à l’avenir».

Un système qui profite aux riches

Il en veut pour preuve que ces pays de la région MENA comptent exclusivement sur la rente pétrolière pour financer ces subventions. Le FMI cite expressément des pays comme l’Algérie, le Bahreïn et le sultanat de Oman, qui sont, lit-on «dans une nécessité urgente» de lancer des réformes de leurs systèmes de subventions, ajoute encore le FMI.

«Dans ces pays, la réforme des subventions pourrait financer des dépenses plus ciblées et mieux protéger les pauvres et pourrait également soutenir les dépenses de production pour les générations futures une fois que les réserves de pétrole sont épuisées», lit-on dans le document.

Pour le cas de l’Algérie, le FMI estime que les vulnérabilités «budgétaires», liées à l’évolution du secteur des hydrocarbures, «se dégradent». «Malgré une consolidation budgétaire en cours, les finances publiques ne sont pas sur une trajectoire soutenable. La politique budgétaire est de facto pro-cyclique (qui baisse pendant les récessions et augmente pendant les expansions, ndlr), et le déficit primaire hors hydrocarbures est bien dessus de son niveau durable à long terme et devrait se traduire en épargne publique négative nette à long terme, en raison de l’absence de réformes pour contenir les dépenses courantes et l’augmentation des recettes», note le document.

En revanche, le FMI affiche une certaine satisfaction à l’égard des pays comme l’Égypte, la Jordanie, la Mauritanie, le Maroc, le Soudan, la Tunisie et le Yémen qui ont «ont accompli le plus de progrès dans la réforme des subventions».