Lorsque le soleil se couche et invite la nuit, à la lueur de la lune les femmes algéroises aimaient à se retrouver lors de longues soirées afin de savourer la présence d’une dame âgée en l’écoutant conter avec un art que seules les anciennes possèdent, les histoires des prophètes , des récits fantastiques de rois ou encore des « djenounes ».

Tout cela autour du seni (table basse turque) garnie de thé et de douceurs « halwat el tork » fruits secs etc. L’origine du mot bouqala désigne en fait un vase d’argile ayant une forme de coupe au pied large , il est le principal objet du jeu. C’est alors que le jeu commence on apporte avec grand soin une bouqala remplie d’eau et dans laquelle on jette des bijoux en argent dans le but d’y attirer un djin, les bouqalates sont de petits poèmes porteurs de bons comme de mauvais présages, attention donc au diseuses de bonne aventure.

C’est enfin le moment des fumigations faites à partir de benjoin , henné , eau de rose, goutes d’huile d’olive , effluves de vêtements d’une femme célibataire et de petits bouts d’écorces prélevés de sept portes différentes tout en prononçant des incantations à l’adresse du djin. Avant toute récitation , les assistantes sont invités à nouer leurs mouchoirs ou même ceinture , écoutant attentivement et ayant une forte pensée pour l’absent auquel elle dédie la bouqala. Aussi tôt finies , une jeune femme vierge retire au hasard une petite fève du contenu et désigne la concerné par le présage et tour à tour toutes les femmes s’en donnent à coeur joie pour interpreter le réel message.
La fève est de nouveau remise à l’intérieur du vase et l’opération est plusieurs fois répéter … le jeu se termine. L’eau est jetée sur la « sqifa » (terrasse),on se délecte sur fond de musique andalouse puis sur les voluptueux coussins au subtil parfum de fleur d’oranger après une charmante partie. Durant le ramadan , le mariage ou tout autre occasion traditionnelle , ce jeu plein de mystère n’en demeure pas moins très apprécié.