L’Algérie serait en train de préparer le Front Polisario à reprendre les armes dans le conflit territorial qui l’oppose au Maroc.
Ayant perdu beaucoup de terrain sur le plan diplomatique à la faveur du Maroc, le Polisario se dirigerait à l’instigation des généraux algériens du DRS (Services de renseignements militaires), a reprendre les armes en violation du cessez-le-feu établi en 1991 au Sahara Occidental sous les auspices de l’ONU.
Le chef du Polisario Mohamed Abdelaziz s’est rendu tout récemment à Cuba, fief du mouvement indépendantiste sahraoui, où il aurait sollicité des armes de combats et surtout le concours des instructeurs militaires cubains pour la formation de jeunes sahraouis aux techniques de la guérilla, dont ils sont spécialistes.
Quelques semaines après, des informations circulent sur une demande de livraisons d’armements au Polisario que les autorités d’Alger auraient adressée à Washington.
Les Algériens ont défendu leur demande auprès de leurs interlocuteurs américains, en arguant qu’un « Polisario fortement armé et bien équipé, serait au service de la sécurité de la région nord-africaine et de l’Europe » et contribuerait à la lutte contre Al Qaïda.
Une source bien informée citée par le journal arabophone Ma Waraa Al Hadath, précise que le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal aurait touché un mot à ce sujet au chef de la diplomatie française, Laurent Fabius alors qu’il était en visite officielle en Algérie.
Interpelé à ce sujet, un diplomate américain nous a expliqué que comme pouvaient s’y attendre les autorités algériennes, leur demande n’a eu aucune suite auprès des Etats-Unis qui considèrent le Maroc comme leur allié majeur hors OTAN dans la région MENA-Afrique du Nord.
L’Algérie serait plutôt tentée de chercher, une couverture à ses propres livraisons d’armes au Polisario.
D’autant plus, ajoute-t-il, Washington ne reconnaît pas le Front Polisario ni sa République autoproclamée (RASD) et n’entretient aucun lien officiel avec cette entité.
En revanche, ajoute les mêmes sources, Washington chercherait à doter la MINURSO, de moyens humains et logistiques appropriés pour étendre sa mission d’observation du cessez-le-feu, à la lutte contre les menaces terroristes dans la zone tampon au Sahara Occidental.
Etabli depuis 1976 sur le sol algérien, le Polisario bénéficie d’un soutien politique, diplomatique et financier inconditionnel auprès du pouvoir algérien.

Khalid Ibrahim Khaled