La rumeur voulait que Microsoft fût intéressé par Salesforce, l'un des principaux acteurs du cloud au niveau mondial. Selon CNBC, l'éditeur lui a proposé 55 milliards de dollars, mais il en réclamait 70.

Pour le leader mondial du logiciel dans le cloud, Microsoft s'apprêtait à casser sa tirelire. Selon des sources consultées par CNBC, la firme de Redmond a fait une offre de 55 milliards de dollars à Salesforce pour mettre la main sur ses solutions SaaS (des logiciels sur abonnement) dédiées à la vente, au marketing ou à la relation client. Mais le PDG et co-fondateur, Marc Benioff, en aurait voulu 70 milliards, mettant fin à la négociation.


Satya Nadella
Satya Nadella est déterminé à faire basculer entièrement Microsoft dans le cloud - Crédit : Microsoft.


Si l'on exclut le rachat de BellSouth par l'opérateur américain AT&T en 2006, qui avait déboursé 72,6 milliards de dollars, l'opération entre Microsoft et Salesforce aurait été la plus élevée au niveau mondial depuis 2004, et l'acquisition de Bank One par JPMorgan Chase & Co. En attendant, c'est un signal fort donné à l'industrie.

La griffe Satya Nadella

Satya Nadella, aux commandes de l'entreprise depuis février 2014, a impulsé une nouvelle dynamique, très orientée vers le cloud. Alors que les bases historiques de son modèle économique reposent sur les licences, et principalement celles de Windows et de la suite Office, Microsoft opère un virage vers l'abonnement, ce qu'il a initié avec Office 365, et compte poursuivre activement auprès des entreprises, avec son cloud Azure.

Cette transition en cours s'est clairement vue dans le premier bilan financier de son exercice 2015 : les seuls produits en forte croissance sont ceux reposant sur un modèle cloud, alors que les licences s'effondrent. Alors que Microsoft a annoncé l'année dernière une interopérabilité entre son outil de gestion de la relation client Dynamics CRM et les solutions de Salesforce, ce rachat lui aurait permis de prendre la tête du marché CRM.

Salesforce, enfin rentable

Salesforce propose sa plateforme de gestion de la relation client auprès de plus de 100 000 entreprises. En France, elle est notamment utilisée par Pernod Ricard, Renault, Cofely GDF SUEZ ou encore MeilleursAgents. Au premier trimestre 2015, la société de Marc Benioff accroissait son avance sur le marché du CRM, captant 16,3 % de parts de marché, devant SAP (12,8 %), Oracle (10,1 %) et Microsoft, quatrième, avec 5,8 %.

Valorisé 48,4 milliards de dollars, Salesforce a pour la première fois publié un bénéfice en début d'année. S'il n'est « que » de 4,1 millions de dollars, il tranche avec la perte de plus de 96 millions de l'an passé, et prouve que son modèle reposant sur l'abonnement peut être rentable. Un signal encourageant pour un repreneur.