A l’occasion du 52e anniversaire de l’indépendance du pays et la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, un hommage particulier à été rendu aux neufs colonels de la Kabylie.


Un hommage aux 9 colonels historiques de la wilaya de Tizi Ouzou a été organisé, hier, à la maison de la culture Mouloud Mammeri, à l’occasion du 52e anniversaire de l’indépendance du pays. Mohamed Iazourene, Mohammedi Said, Ali Melah, Amirouche Aït Hamouda, Krim Belkacem, Mohamed Zamoum, Mohand Oulhadj, Amar Ouamrane et Slimane Dhiles sont les chefs révolutionnaires originaires de cette région dont la mémoire a été honorée lors de la rencontre d’hier.

Une conférence-témoignage sur la vie et le parcours de ces leaders de la Révolution et une exposition portant sur leurs biographies étaient au menu de cette journée commémorative. Au lendemain de la proclamation de la déclaration du 1er Novembre 1954 et de la naissance du Front de libération nationale (FLN) et de l’Armée de libération nationale (ALN), la Kabylie était l’un des bastions les plus importants ayant fait face aux forces coloniales françaises.

Dans la foulée, les responsables de la Révolution étaient pourchassés et emprisonnés, à travers notamment la répression militaire caractérisée par l’opération «Oiseau bleu» destinée à miner la Révolution de l’intérieur. Lors de la tenue du Congrès de la Soummam en 1956, 7 des 9 colonels étaient présents. A la faveur de son importance stratégique, Tizi Ouzou était incluse pour une grande partie dans la Wilaya III historique et une autre partie dans la Wilaya IV. C’est ce qui explique que «le colonel Ouamrane était envoyé par Krim Belkacem à la Wilaya IV pour diriger l’Algérois après l’arrestation de Rabah Bitat», témoigne Si Ouali Aït Ahmed, l’un des adjoints du secrétariat du PC de la Wilaya III, lors de la conférence.

«Après l’opération Jumelles ayant causé d’énormes pertes parmi les moudjahidine, Mohand Oulhadj, que j’ai eu l’honneur de côtoyer de 1960 à 1962, a envoyé une note pour recommander aux maquisards de se constituer en petits groupes pour réorganiser le maquis», enchaîne l’orateur, avant d’ajouter à propos d’Amirouche Aït Hamouda qu’«il était un chef emblématique, qui aimait le peuple et défendait les maquisards».

Un autre témoin fera savoir que «les 9 colonels étaient des militants aguerris du Mouvement national avant le déclenchement de la guerre de Libération. Ils avaient pour mission de lutter sur deux fronts. Ils ont combattu l’armée française et ont fait face à l’analphabétisme et la misère sociale du peuple», en évoquant Ali Melah. Enfin, les conférenciers ont mis l’accent dans leurs communications sur l’importance de l’histoire dans la construction de la mémoire collective. «Il faudra l’écrire sur la base de lavérité et non pas la truffer de mensonges», a conclu Aït Ahmed Si Ouali.

Farid Guellil
EL WATAN