Le roi du Maroc vient de publier un nouveau décret-loi interdisant aux imams toute appartenance à une instance politique ou syndicale. Et ce n'est pas tout.

Le nouveau Dahir réglementant l’activité des prédicateurs religieux a été publié dans le bulletin officiel du royaume, en date du 1er juillet courant. Il opère un tour de vis dans le processus du contrôle des imams et prêcheurs du vendredi.

Le texte royal interdit formellement aux imams toute appartenance à une instance politique ou syndicale durant toute la période de l’exercice de leurs fonctions dans les mosquées sous l'égide du ministère des Affaires islamiques.

Les imams sont tenus, également, de n’exprimer aucune position politique et syndicale et d’éviter toute action susceptible de constituer une entrave à la pratique des préceptes de l’islam.

Quand on sait que le gouvernement marocain est conduit par un Premier ministre issu du PJD, le parti islamiste modéré proche de l’AKP (en Turquie), d’Ennahdha (en Tunisie) et des Frères musulmans (en Egypte), on mesure l’importance que le roi Mohammed VI accorde à cette nouvelle loi, qui vise à éviter le mélange des genres auxquels les islamistes, partout dans le monde, sont habitués. Et, surtout, lorsqu’ils sont au pouvoir.

Ennahdha nous en a d’ailleurs donné quelques échantillons lorsqu’il a conduit le gouvernement entre décembre 2011 et janvier 2014. Peut-on concevoir la promulgation d’une pareille loi en Tunisie?

La balle est dans le camp des partis politiques qui devraient avoir assez de courage pour essayer de suivre l’exemple du roi du Maroc.

KAPITALIS ( Tunisie)