La hausse du dollar fait caler l'économie américaine_01.05.2015


Sous l'effet de la hausse du dollar, notamment, les exportations américaines ont lourdement chuté au premier trimestre. Le PIB n'augmente quasiment pas (0,2% en rythme annuel). Cette annonce a fait chuter le billet vert, au plus bas depuis le 4 mars

La croissance de l'économie des Etats-Unis a sévèrement calé au premier trimestre, plombée par l'hiver, le dollar fort et la chute des prix de l'énergie, selon la première estimation du département du Commerce mercredi.

Le Produit Intérieur Brut américain (PIB) n'a progressé que de 0,2% au 1er trimestre en rythme annualisé, contre 2,2% au 4e trimestre 2014. 0,20% en rythme annualisé. C'est quasiment zéro d'un trimestre sur l'autre (par rapport au trimestre précédent), comme on l'affiche habituellement en Europe.

Chute des exportations, sous l'effet de la hausse du dollar
Ce chiffre est bien en-dessous des attentes des analystes qui tablaient sur un ralentissement moindre avec une expansion de 1%. "La croissance du PIB a ralenti alors que le dollar s'est apprécié face aux principales autres devises, que les exportations et importations ont diminué du fait d'une grève sur les ports de la côte ouest, que les prix de l'énergie ont baissé et qu'un temps hivernal rigoureux a affecté une grande partie du pays", écrit le ministère dans un communiqué.

Cette abrupte décélération de l'expansion économique s'est reflétée d'abord dans les dépenses des consommateurs. La progression des dépenses de consommation n'est plus que de 1,9% de janvier à mars au lieu de 4,4% au dernier trimestre.

Face à un dollar qui s'est sensiblement apprécié et du fait d'une grève des ports sur la côte ouest qui a engorgé les livraisons, les exportations américaines ont piqué du nez, régressant de 7,2% après une hausse de 4,5% fin 2014. Les exportations de biens notamment ont accusé leur plus forte chute (-13,3%) depuis le 1er trimestre 2009 en pleine récession.

Baisse du dollar à l'annonce de ces chiffres
Si le dollar s'est fortement apprécié depuis l'automne dernier -un euro valait encore 1,28 dollars le 18 octobre-, cette annonce l'a fait reculer sensiblement. Alors qu'un euro s'échangerait entre 1,05 et 1,09 dollar depuis le début du mois de mars, le billet vert est passé à 1,11 pour un euro ce mercredi après midi. Au plus bas depuis le 4 mars. Les investisseurs financiers anticipent manifestement un refroidissement de l'économie américaine, et donc une hausse des taux d'intérêt par la Fed beaucoup plus tardive que prévu -on parlait jusqu'à maintenant du mois de juin. La perspective de rendement des actifs à taux fixe en dollars s'éloigne donc, d'où l'attrait pour des placements dans d'autres devises.

Recul des investissements
Au premier trimestre, les investissements des entreprises sont aussi tombés dans le rouge à -3,4% alors qu'ils étaient en hausse de 4,7% au trimestre précédent. C'est le secteur des industries extractives, touché de plein fouet par l'impact de la chute des prix des hydrocarbures, qui a tiré cette baisse, a indiqué une statisticienne précisant que l'activité du secteur de l'exploration minière s'était écroulée de 48,7%.

Les investissements dans l'immobilier ont également été freinés, ne progressant plus que de 1,3% contre 3,8% au dernier trimestre 2014.

Dépenses des collectivités réduites
Sur le front des dépenses publiques, les investissements sont aussi en retrait, marquant un recul de 0,8%. Les dépenses fédérales sont restées dans le vert, progressant de 0,3% mais les dépenses au niveau des Etats et des collectivités locales sont repassées en territoire négatif (-1,5%) pour la première fois depuis l'hiver 2014.

Cette performance très décevante de la première économie mondiale au 1er trimestre intervient alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) se réunit mercredi sur la politique monétaire.

Les taux directeurs inchangés
Le Comité monétaire de la Fed (FOMC) doit annoncer ce mercredi soir qu'il laisse ses taux directeurs inchangés proches de zéro comme ils le sont depuis la crise financière fin 2008.

Mais les marchés financiers seront attentifs à l'évaluation de l'économie donnée par le FOMC dans son communiqué, cherchant à savoir si la banque centrale attribue ce ralentissement de la croissance à des facteurs seulement temporaires et si elle attend un rebond sur le reste de l'année.

En tout état de cause, une première hausse des taux d'intérêt dès le mois de juin, comme y croyaient encore une partie des membres du FOMC lors de leur précédente réunion, semble de plus en plus improbable.

A 0,2%, le rythme de croissance de ce premier trimestre est le plus faible depuis le 1er trimestre 2014 où un hiver très rigoureux avait fait reculer le PIB de 2,1%. Avant cela, il faut remonter au 4e trimestre 2012 pour observer une croissance aussi faible (+0,1%).

Le gouvernement publie une deuxième estimation du PIB au 1er trimestre le 29 mai prochain.

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