Les inégalités entre riches et pauvres sont l’un des principaux enjeux qui vont dessiner les changements dans l’économie, et devraient motiver les principales décisions politiques dans les mois et les années à venir.

Une hausse continue de la pauvreté

La tendance, annoncée et théorisée par Thomas Piketty dans son ouvrage Le Capital au XXIème siècle s’appuie sur une vérité : une augmentation continue de la pauvreté depuis 2008 en France, alors que le pays bénéficie d’un filet de sécurité social plus important que dans la plupart des pays. L’Insee pointe ainsi 14,3% de la population active comme pauvre, soit 8,7 millions de personnes. Ces chiffres datent de 2011 et il n’y a rien d’improbable à penser que, crise aidant, ils soient aujourd’hui plus importants encore.
Un ménage est pauvre lorsque son revenu disponible (suivant le nombre de personnes dans le foyer) représente moins de 60% du niveau de vie médian — soit 978 euros par mois pour un célibataire. Toutes les catégories les plus fragiles sont touchées, qu’il s’agisse des chômeurs ou des personnes exerçant une activité, ce qui est d’autant plus inquiétant. La hausse du nombre de personnes pauvres dans cette dernière catégorie est très marquée dans l’Hexagone. 8% de ceux qui occupent un emploi en France sont ainsi considérés comme pauvre.

Tout le monde est égal

Devant la sortie de la pauvreté, tout le monde est sur le même niveau après trois ans : il est tout aussi difficile de se sortir de la pauvreté après ce délai, que l’on soit ouvrir ou cadre supérieur.
Plus globalement, en 2011 les 10% les plus riches ont connu une augmentation de leur niveau de vie de 2,1%; les 10% les plus pauvres ont vu la leur… baisser, de 0,8%. Chez les très riches, les revenus ont progressé de 4,5% en moyenne cette année, contre 4,6% déjà en 2010. Le patrimoine est la cause principale de cette hausse.

éco matin