De nouvelles sanctions occidentales contre Moscou pourraient avoir de «graves conséquences» sur la croissance de la Russie, a déclaré, hier, le ministre russe de l’Economie, Alexeï Oulioukaev.


La veille, déjà, l’accord d’association économique qui venait d’être signé entre l’Ukraine et l’Union européenne avait faire dire par le Kremlin que la Russie prendrait des mesures pour défendre son économie «dès qu’apparaîtront» des signes de conséquences négatives. «Tout ce qui est nécessaire pour défendre notre économie sera entrepris», a assuré Dmitri Peskov, le porte-parole du Président, cité par les agences russes.

L’accord commercial signé, vendredi, à Bruxelles vise en particulier à supprimer l’essentiel des barrières douanières entre l’Ukraine et les pays de l’UE. Les dirigeants occidentaux ont menacé, par ailleurs, Vladimir Poutine de durcir les sanctions contre des pans entiers de l’économie russe si sa politique en Ukraine ne changeait pas et, en particulier son soutien matériel aux séparatistes pro-russes de l’Est. Les
Européens, comme les Etats-Unis, appliquent depuis quatre mois une série de sanctions visant des responsables russes ou ukrainiens pro-russes, frappés du gel de leurs avoirs dans l’UE et d’une interdiction de voyage dans l’espace communautaire.

La Russie craint en plus, selon l’AFP, une arrivée de produits fabriqués dans l’UE via l’Ukraine, au détriment de sa production nationale et estime que Kiev ne peut pas disposer de conditions commerciales privilégiées à la fois avec Bruxelles et Moscou.
Pour amortir un choc éventuel sur son économie, la Russie a élaboré trois scénarios dans le cas d’un durcissement des sanctions annoncées par l’Union européenne si Moscou ne faisait pas baisser les tensions dans l’est de l’Ukraine avant demain.

Le scénario le plus optimiste prévoit des sanctions «sur les produits de luxe, le caviar, les fourrures...» et le pire «comprend tout un ensemble : les métaux, les engrais, le pétrole, le gaz…, prenant en compte les prix et les volumes», a dit le ministre à la télévision Rossia.
Dans ce cas, «la croissance économique pourrait passer gravement en négatif», a-t-il averti, ajoutant toutefois que l’économie russe pouvait «supporter» cette perspective.«Les taux d’investissement seraient encore plus négatifs, les revenus baisseraient, l’inflation augmenterait et les réserves de l’Etat diminueraient.»

La semaine dernière, la Banque centrale russe a estimé que la croissance ralentirait à un taux de seulement 0,4% cette année.
Pour sa part, l’agence d’évaluation financière Moody’s a abaissé de «stable» à «négative» la perspective de la dette de la Russie en raison de l’impact économique de la crise en Ukraine et a indiqué qu’elle pourrait encore abaisser la note de solvabilité en raison des «risques accrus» liés à l’insurrection dans l’est de l’Ukraine.

El watan