Le Mouvement Culturel Amazigh (MCA) réagit aux manipulations du pouvoir au sujet des exploits de l'équipe nationale.

A l’heure où le monde loue les bienfaits de la diversité. Au moment où tous condamnent l’unicité de pensée. Alors que les nations et les peuples se réalisent en revisitant leur histoire, et recouvrent leur identité vraie, nos journalistes de l’unique se perdent dans un discours éhonté arborant fièrement l’étendard de leur aliénation.
La coupe du monde de football est une occasion qu’ils ne devaient pas rater pour renouveler, comme à leur habitude, leur allégeance à nos idéologues arabo-islamistes. Nous avons relevé quelques perles dignes des années de plomb où chaque phrase, chaque mot étaient scrutés pour y découvrir une idée contre-révolutionnaire. Il leur fallait absolument réitérer leurs slogans insipides. «L’Algérie est le seul pays Arabe au mondial», «l’Algérie est la seule équipe Arabe qui a marqué 4 buts en un match», «l’Algérie représente le foot Arabe», «l’Algérie est la seule représentante du monde Arabe», «l’Algérie porte le flambeau de la nation Arabe», «L’Algérie est Arabe» ne sont quelques phrases choisies. Cela nous rappelle tristement la noire période de Ben Bella qui avait décidé que tous les Algériens sont arabes et rien qu’arabes.
Ainsi donc, pour nos mercenaires de la chaine nationale le préambule de la constitution et l’article 3 bis n’auront rien changé. En filigrane, l’équipe nationale de football ne représente pas les Imazighens, peuple autochtone d’Afrique du nord. Pourtant, leur arabophonie ne devrait pas faire d’eux des Arabes. Si la langue suffisait à s’identifier à un peuple, nos footballeurs de l’équipe d’Algérie devraient plutôt évoluer aux coté de Benzema car pour la plupart ils ne s’expriment que dans la langue française.
Les victoires enregistrées par nos représentants au Brésil ont prouvé, s’il le fallait, combien le peuple algérien reste uni malgré ses particularismes et combien il entre en communion comme pour contredire les verbeux de la télé.
Les commentateurs du programme national devraient prendre exemple sur les Egyptiens, pourtant portes-flambeau de la culture arabe, qui sont fiers d’être des descendants des pharaons et qui ne se gênent pas à le rappeler à chaque fois que l’occasion leur est donnée.
Peut-être que, c’est trop leur demander que de leur ressembler quand on sait qu’ils sont pétris dans une idéologie savamment distillée dans nos écoles, lieux culturels et cultuels ;
Mais pour reprendre notre illustre penseur, Mustapha Lacheraf, «tout aliéné, devient le militant actif de sa propre aliénation». A bon entendeur, salut.
Rachid Belkhiri,
Pour le Mouvement Culturel Amazigh (MCA)

le matin dz