Qatar corruption Mondial



Le Qatar a réagi hier soir aux révélations du quotidien britannique le Sunday Times. Le Comité de candidature du pays dément formellement toute tentative de corruption pour l’obtention du Mondial 2022.
La réponse du Comité de candidature du Qatar aux allégations de malversation portées dimanche par le Sunday Times ne s’est pas fait attendre. Quelques heures après les révélations du quotidien britannique, le Comité a déclaré dans un communiqué : « à la suite d’articles de presse d’aujourd’hui [ndlr dimanche 1er juin], nous nions avec véhémence toutes les allégations de mauvaise conduite […] Le Qatar a toujours veillé au plus haut niveau à l’éthique et à l’intégrité de sa candidature. »

Le comité d’organisation assure que Mohammed Bin Hamman, ancien vice-président de la Fédération internationale de football (FIFA) et ex-responsable de la Confédération asiatique de football, « n’a joué aucun rôle officiel ou officieux » dans l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar.

Le Sunday Times affirme pourtant être en possession de milliers de documents (courriels, lettres et virements bancaires) attestant du versement par Bin Hamman de pots-de-vin à trente responsables de fédérations africaines et à Jack Warner, ex-président de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf). Ces versements d’argent, dont la valeur totale est estimée à 5 millions de dollars, visaient à influencer le vote du 2 décembre 2010, pour permettre au Qatar d’obtenir l’organisation du Mondial 2022.
Une enquête ouverte
Les avocats du Comité de candidature se sont d’ores et déjà saisis du dossier, mais le communiqué souligne la volonté du Qatar de coopérer avec le président de la chambre d’investigation de la FIFA, Michael Garcia. Selon le Comité, « toute enquête conclura au fait que le Qatar a remporté le droit d’organiser la Coupe du monde honnêtement ». Une réunion entre Garcia et les responsables qataris devait d’ailleurs avoir lieu ce lundi 2 juin à Oman mais, à la suite de ces nouvelles accusations, elle a été annulée.

Si ces malversations sont confirmées, elles entacheront encore un peu plus le processus d’attribution de la Coupe du monde 2022. Réagissant aux révélations du Sunday Times, John Whittingdale, président de la commission parlementaire britannique chargée des Sports, a déclaré ce matin : « Si le choix du Qatar a été le résultat de versements d’argents irréguliers, cela renforce encore les arguments pour réorganiser le processus d’attribution ».

De son côté, l’entourage du président de la Fédération africaine de football (FAF), Issa Hayatou, éclaboussé par les accusations de corruption, parle d’une vulgaire campagne de diffamation : « Mr. Hayatou ne permettra pas aux journalistes d’attaquer une fois encore son intégrité et sa réputation. Le président de la FAF attend les preuves du Sunday Times et se réserve le droit d’intenter une action en justice contre les responsables de cette campagne calmonieuse. »
La FIFA, elle, n’a pas souhaité réagir.

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