Depuis son ouverture, Coupe du monde rime avec records d'audience pour beIN Sports. La compétition constituerait elle un nouveau tournant pour le développement la chaîne ? C'est en tout cas ce que pense son directeur de la rédaction, Florent Houzot.

Après deux années sans communiquer sur vos audiences, vous venez d’enchaîner trois communiqués de records d’affilée. Etes-vous étonné de ces très bons résultats ou était-ce attendu ?

C’était attendu car la Coupe du monde est un événement exceptionnel, mais quand on reçoit des chiffres comme ceux-là c’est toujours une très bonne surprise. L’acquisition de la coupe du monde a fait changer beIN Sports de dimension. Dimanche soir, pendant France – Honduras, nous étions la 5e chaîne nationale !

On nous a souvent catalogués comme une chaîne de complément. Oui, à l’occasion du mondial, nous montrons que nous sommes une chaîne de complément, mais une chaîne de complément qui a pris une très sérieuse envergure.

Désormais, grâce à ces premiers records et au nombre d’abonnés qui augmente, il y aura le beIN d’avant et d’après coupe du monde. Grâce à la coupe du monde et à notre travail éditorial, nous avons aussi gagné en notoriété. Tous nos voyants sont au vert.

La presse parle d’une cadence quotidienne d’abonnements multipliée par trois. Vous confirmez ?

J’ai lu comme vous, mais malheureusement nous n’aurons pas de chiffres valables avant début juillet. Contrairement à Canal+, nous ne maîtrisons pas directement nos abonnés, nous ne les connaissons pas. Mais j’ai en effet bon espoir que leur nombre soit en nette progression. J’attends ces chiffres avec impatience.
« Nous ferons le million d'abonnés de moyenne »

Une coupe du monde n’est qu’un feuilleton éphémère, qui n’a pas vocation à engranger des abonnements sur la durée, ce qui importe pour vous. D’autant qu’on peut supposer que les fans de foot étaient déjà abonnés à beIN Sports avant le Mondial. Comment expliquez-vous une nouvelle vague d’abonnements ?

Déjà, les gens ont désormais compris que si TF1 avait les 28 meilleures affiches, ils pouvaient aussi voir ces affiches chez nous et donc les matchs de l’équipe de France. Et que nous offrions surtout toutes les autres en exclusivité. Ce n’était pas évident de le faire comprendre et nous l’avons martelé en communication des semaines avant l’événement.
Notre premier record a d’ailleurs été lié à un match des Bleus, pas à un match que nous avions en exclusivité.
Pendant cette coupe du monde je suis sûr que nous aurons un match qui fera le million d’abonné de moyenne.

Et il n’est pas à exclure que les abonnements se poursuivent pendant la compétition car plus ça avance dans la compétition plus nous aurons des exclusivités passionnantes, les derniers matchs de poule décisifs, 3 huitièmes de finale et un quart de finale.
Et puis le fait que l’on parle de beIN Sports dans la presse, de ses records, ça attire l’attention de ceux qui ne nous connaissent pas.

Ensuite, il y a notre traitement éditorial. Là où chez les autres le spectacle ce sont les 90 minutes de match, chez nous un match c’est trois à quatre heures de spectacle.

L’avant-match de France- Honduras a rassemblé plus de 570 000 téléspectateurs de moyenne face au 20H de TF1 qui présentait le match et au 20H de France 2. A la mi-temps on ne perd personne. Et il y en avait encore plus de 630 000 de moyenne pour l’après-match. C’est plus de 70% de l’audience du match (885 000 de moyenne, ndlr), c’est énorme !

Ca valide la ligne éditoriale que j’ai mise en place il y a deux ans.
« beIN a des moyens mais ne les dépense pas inutilement »

Justement un petit mot sur votre dispositif dont une grande partie a été envoyée à Doha, au Qatar, et non à Rio ou depuis Paris, ce qui en a étonné plus d’un…

Et pourquoi pas Doha ? Il se trouve que beIN Sports est un groupe de chaînes internationales qui possède de formidables moyens techniques à Doha, dont 9 superbes studios. Pourquoi dépenser de l’argent à construire à Paris un studio flambant neuf pour une durée de vie d’un mois ? beIN a des moyens mais ne dépense pas inutilement.

Nous avons donc mutualisé nos moyens et envoyé Alexandre Ruiz, des journalistes et des consultants faire des magazines depuis là-bas. Au Brésil nous avons nos équipes de commentateurs et des envoyés spéciaux.
Doha nous offre aussi l’avantage de bénéficier des consultants de nos autres chaînes internationales. L’abonné n’en a rien à faire du lieu où nous sommes, c’est le contenu qui l’intéresse.

Reste maintenant à garder ces nouveaux abonnés…

Oui et je pense que nous les garderons pour la simple raison que nous allons très vite enchaîner sur la Ligue 1 avec 8 matchs en direct par semaine, sur la Ligue des Champions avec une offre qualitativement renforcée, avec la Liga, etc…

Si les nouveaux abonnés ont aimé notre traitement de la coupe du monde, s’ils aiment un peu le foot alors pour douze euros par mois ils resteront sur beIN Sports pour la suite de la saison. 12 euros c’est une place de cinéma, un paquet et demi de cigarettes…

Votre objectif est de communiquer à la rentrée sur la barre des deux millions d’abonnés franchie ?
L’objectif est d’en avoir le plus possible (rires).

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