Le Conseil d'administration de la société s'est prononcé samedi en faveur de l'offre du conglomérat américain. La validité de cette offre restait toutefois toujours suspendue samedi soir aux négociations entre l'État, qui veut devenir le principal actionnaire d'Alstom, et Bouygues, qui devrait lui vendre les deux tiers de ses participations.


Le Conseil d'administration d'Alstom a tranché. A l'unanimité, il a "décidé d'émettre un avis favorable à l'offre de GE", pour la vente sous conditions de ses activités énergie, valorisée 12,35 milliards d'euros.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le PDG de la société, Patrick Kron, s'est réjoui:

"C'est un projet trois fois gagnant. Pour Alstom, dont il devrait renforcer les positions et les emplois", pour GE et pour l'État, car "le projet d'accord me paraît pleinement répondre aux préoccupations du gouvernement dans l'énergie et le transport".

Le PDG de General Electric, Jeffrey Immelt, a de son côté souligné:

"C'est un formidable projet industriel" qui va "créer un champion mondial de l'énergie".

Il estime que l'opération devrait être finalisée en 2015.

Le sort d'Alstom toujours suspendu à la volonté de Bouygues
La validité de l'offre restait toutefois toujours suspendue samedi soir aux négociations entre l'État et Bouygues. Le ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, expliquait en effet au Parisien:

"S'il n'y a pas d'entrée de l'Etat (au capital d'Alstom) parce que Bouygues ne veut pas vendre ses actions, l'opération avec GE ne se fera pas".

Le gouvernement compte en effet racheter 20 des quelque 30% que le groupe diversifié Bouygues détient dans Alstom, afin d'en devenir l'actionnaire principal et ainsi pouvoir exercer sa "vigilance patriotique".

"La présence d'un actionnaire comme l'État français sera précieuse pour le développement des relations commerciales dans de nombreux pays", assurait Patrick Kron.

Les discussions entre les deux parties achoppent toutefois sur le prix de cette acquisition, rapportent des sources proches du dossier.

L'Élysée optimiste
Alors qu'une source assurait à l'AFP samedi en fin d'après-midi, après une longue journée de tractations, qu'un accord "avait été trouvé", quelques minutes plus tard le négociateur en chef pour l'État, David Azema, directeur général de l'Agence des participations de l'État (APE), assurait que "les discussions continue(ai)nt".

A l'Élysée, une source proche de la présidence se disait néanmoins "optimiste sur un débouché rapide avant l'ouverture des marchés" lundi à 09h00 même si "ce n'est pas encore signé".

"Zéro euro aux contribuables"
Afin de ne pas paraître dispendieux, l'État souhaite racheter ces parts au prix du cours actuel, soit 28 euros par action, selon la dernière cotation d'Alstom vendredi à la clôture de la Bourse de Paris. Arnaud Montebourg assurait ainsi samedi soir au Parisien que cette opération "coutera zéro euro aux contribuables" et sera financée par la vente de "certaines" participations de l'État dans des groupes français.

"Aujourd'hui, parce que nous avons vendu un peu de Safran, d'Airbus et d'Aéroports de Paris, nous disposons de 2,7 milliards d'euros en caisse", expliquait le ministre.

Mais, selon des sources proches du dossier, Bouygues demanderait environ 35 euros par titre, soit la valorisation que le groupe fait lui même de sa participation dans ses comptes (3,07 milliards pour environ 30% du capital d'Alstom)


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