Lors d'une conférence Netflix confirme ses désirs d'expansion et de croissance à l'international, mais qu'il lui reste à franchir certaines "barrières culturelles".
Le New York Times se fait écho d'une conférence téléphonique tenue par Netflix. Le géant américain de la SVOD qui propose films et séries, parfois issus des ses propres studios (Netflix est devenue producteur avec des séries comme House of Cards, Marco Polo), est présent dans 50 pays avec près de 57 millions d'abonnés. Il n'entend pas en rester là et veut proposer ses services dans 200 pays à l'horizon 2017.
L'ambition est là, mais un certains réalisme aussi. Le New York Times rapporte ainsi que Ted Sarandos, le responsable contenus de Netflix, est conscient qu'il faudra "franchir des barrières culturelles" pour atteindre l'objectif fixé avec une offre la plus globale possible. La situation en Europe en est l'exemple flagrant.
Après des lancements réussis au Royaume-Unis et en Scandinavie, Netflix a mis un peu plus de temps pour arriver dans six autres pays d'Europe (dont la France). La société américaine lorgnait ainsi un marché potentiel de 66 millions de foyers connectés en haut débit. Elle s'est immédiatement confronté aux offres et services existants, légaux ou illégaux. Pour la France, nous pouvons citer la spécificités des box des différents FAI donnant un accès direct à différentes offres de VOD et SVOD. Du côté de l'illégal, Popcorn Time avec son ergonomie et son interface particulièrement simple d'usage rencontre un certains succès. Il devient un sérieux concurrents, certes illégal mais gratuit...
Pauvreté du catalogue disponible

Autre problème souligné : la relative pauvreté du catalogue proposé en Europe par rapport à celui qui est disponible aux Etats-Unis. Environ 8 500 titres (films et séries confondus) aux Etats-Unis, contre 3 200 en Angleterre ou 1700 en France (en moyenne, autour de 2 000 titres en Europe). Une disparité qui s'explique en partie par des accords de diffusion signés avant l'arrivée de Netflix dans ces pays. La série House of Cards est ainsi une exclusivité de Canal+ alors qu'il s'agit de la première série phare produite et diffusée par Netflix aux Etats-Unis.

Pour essayer de s'imposer, Netflix passe par des accords avec les câblo-opérateurs et fournisseurs d'accès Internet (FAI) afin que ceux-ci propose les services Netflix au sein de leur Box. La France est cité comme un pays particulièrement "réticent". Et de citer Stéphane Richard, PDG d'Orange partenaire de Netflix avec sa box :"L'enthousiasme pour les services Netflix n'est pas au rendez-vous. L'expérience est pour le moment décevante."
Prochaine étape de l'opération "séduction" : la production de séries locales et leurs diffusions en exclusivité sur Netflix. Pour la France, il s'agit de Marseille (présentée comme l'équivalent de House of Cards à l'échelle de la ville française). Une série écrite par Dan Franck, co-scénariste du film Carlos mise en scène par Olivier Assayas et diffusée sur Canal+.