Il estime que lamendement primordial est dassurer la sincrit du vote ds le prambule et la sanction de la fraude ds les premiers articles de la Constitution.

Cest dans le cadre des consultations sur la rvision constitutionnelle que Ali Haroun a t reu, jeudi, par Ahmed Ouyahia, au sige de la Prsidence. En tant que personnalit nationale, il a dvelopp son point de vue sur le sujet des consultations en mettant en avant les contradictions, les ratages et aussi une critique de la procdure impose par le pouvoir pour mener les pourparlers.
Demble, lancien responsable la Fdration de France du FLN a expliqu que la dmarche du pouvoir laisse planer le doute sur le droulement et mme la suite donner ces consultations. Il a soulign quil aurait t mieux de confier cette tche une instance aussi reprsentative que possible, incluant les reprsentants de lopposition, qui sera charge de dgager, synthtiser et formuler les propositions damendement. Il a dplor quun demi-sicle aprs lIndpendance, lAlgrie soit encore malade de ses rapports entre le peuple et le pouvoir. Depuis 1962, un fil conducteur relie tous les dysfonctionnements qui entravent notre volution vers un tat de droit, a-t-il analys en ajoutant quil faut absolument lidentifier pour le trancher, si lon veut vivre sur la base dun rel consensus manant de la volont nationale et non dun scrutin manipul, tritur, falsifi (). Il estime que lamendement primordial est dassurer la sincrit du vote ds le prambule et la sanction de la fraude ds les premiers articles de la Constitution en appelant la constitutionnalisation de lalternance dmocratique. Aprs un rappel des Constitutions successives du pays, Ali Haroun explique qu chaque tape, la volont populaire est mconnue avec comme signe les relations tat-citoyen qui ne sont que des rapports de force et non de droit. Dans une analyse des textes et amendements proposs par les services de la Prsidence, M. Haroun fait remarquer que la notion du peuple algrien ajout lamendement qui stipule que sous la conduite du Front de libration nationale, le peuple algrien restaure enfin un tat moderne, est un non-sens historique. Cette affirmation est contraire la vrit historique. Les Algriens indiffrents la lutte de libration, les administratifs, agents du colonialisme franais, les harkis, les membres des Comits de salut public et de certains partis politiques qui ont refus de se placer sous la conduite du FLN et lont mme combattu les armes la main, faisaient tous partie du peuple algrien, a-t-il dit. Quant la rconciliation nationale leve au stade de valeur nationale, il a estim quelle est contraire au concept dunit admis par lensemble du peuple algrien. Car, explique-t-il, elle laisserait supposer que cette unit serait fragile, menace en permanence En faire une valeur () suppose que lon veuille se prmunir contre un probable avenir de non-conciliations et de discordes, a encore relev M. Haroun en ajoutant que si cette rconciliation est constitutionnalise, ce serait pour assurer davantage les bnficiaires de grce et damnistie, et si elle vise le but politique de recherche dun certain lectorat, elle ne saurait prosprer au dtriment des victimes des atrocits du terrorisme durant la dcennie noire. propos de larticle 2 qui stipule que lislam religion de ltat, M. Haroun met en garde contre son interprtation dogmatique. Il a rappel que les partisans de cette distorsion ont t lorigine de lune des plus effroyables priodes de notre histoire. Donnant son avis sur tamazight, M. Haroun a indiqu que cette langue doit trouver auprs de larabe le statut qui lui convient de langue nationale et officielle.
Ali Haroun a voqu aussi lemblme national et des questions lies la justice, comme la prsomption dinnocence, le pouvoir judiciaire, la protection du magistrat. La rforme primordiale et fondamentale des amendements serait dassurer la rgularit et la sincrit du choix du citoyen-lecteur par un texte constitutionnel, a-t-il crit en appelant la mise sur pied dune institution ad hoc, comprenant les diverses tendances de lopinion publique, charge de la prparation de cette rvision pour viter que cet important chantier ne soit, en fin de compte, quun dialogue entre le pouvoir et lui-mme.


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