Pour la seconde fois en trente ans, tous les syndicats de Canal+ (sauf l'Unsa) ont déposé un préavis de grève pour le jeudi 5 mars, afin de dénoncer «la dégradation des conditions de travail» et les réductions d'effectifs.

«C'est la seconde fois en 30 ans d'existence que les syndicats de Canal+ déposent un préavis de grève, le précédent datant de 2003», rappellent les syndicats signataires (Cfdt, CFE CGC, CGT) qui s'inquiètent notamment d'une multiplication des cas de «burn-out» (ou épuisement professionnel) dans l'entreprise. Les émissions de Canal+, de D8 et D17, les centres d'appels du service clients et les services techniques pourraient être en conséquence fortement perturbés ce jour-là, avertissent-ils.

«En France, la situation économique de Canal+ se dégrade depuis plusieurs années, à cause surtout de la concurrence de beIN Sports et de la crise économique qui crée une réelle tension sur le recrutement des abonnés», a-t-on expliqué de source syndicale. «La direction depuis plusieurs années rogne sur les coûts, mais nous assistons aujourd'hui à un tournant, avec une multiplication des licenciements et des ruptures conventionnelles, ce qui accroît la charge de travail pour ceux qui restent», selon la même source.

Canal+ France, qui emploie environ 3 500 salariés, voit ses effectifs baisser «d'une dizaine de personnes par mois» et dans le centre de relations clients, qui emploie 750 personnes, 80 postes ont été supprimés ou non pourvus au cours des derniers 18 mois, assurent les syndicats. Cette situation va influer sur l'avenir de la chaîne qui s'est endettée en investissant beaucoup dans le cinéma, l'audiovisuel et surtout la technologie. Il faut dire que depuis sa création en 1984, Canal+ a connu tous les modes de diffusion.

En tant que télévision cryptée, elle s'est vu contrainte d'exploiter l'ancien réseau d'émetteurs VHF de TF1. Depuis le 31 mars 2005, en étant diffusée par le nouveau réseau d'émetteurs TNT, lequel exploite quasi exclusivement la gamme UHF, la question de l'antenne spécifique VHF (souvent baptisée «antenne Canal+») a été progressivement résolue. Dès lors, pour chaque nouveau foyer équipé en réception TNT, la chaîne rattrape son retard en termes de taux de pénétration. Ainsi, «mécaniquement», alors que l'audience des chaînes nationales analogiques en clair a tendance à décroître, celle de Canal+ connaît une croissance régulière, conforme à la progression du taux d'équipement TNT.

Depuis le 24 novembre 2010, Canal+ a cessé définitivement d'émettre sur le réseau analogique herztien partout en France, un an avant les autres chaînes hertziennes, afin de libérer des fréquences pour la radio numérique. La chaîne est uniquement diffusée en numérique sur la TNT, le satellite (CanalSat), le câble et l'xDSL.
Depuis le 1er janvier 2012 à 11h, Canal+ n'est plus disponible en analogique sur le satellite. Mais ce qui lui fait perdre les clients et les abonnés, c'est plutôt le piratage numérique. Canal+ est souvent piratée grâce à la connexion Internet qui devient accessible à tous et sans frontières.