Le développement au Sahel et au Maghreb doit s'inscrire dans une stratégie sécuritaire, selon les conclusions d'une conférence internationale qui s'est tenue cette semaine à Rabat.

Les situations sociales, économiques et politiques peuvent être exploitées par les organisations terroristes pour recruter de nouveaux membres, a expliqué Georges Nakseu Nguefang, membre de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) mardi 17 juin.

L'instabilité est devenue endémique au Sahel ces dix dernières années, a-t-il expliqué aux participants réunis lors de cette rencontre de deux jours organisée par l'Institut international pour la paix, l'Université Hassan I, l'Association marocaine de l'intelligence économique et le Centre des stratégies pour la sécurité dans le Sahel et le Sahara

Les trafics illicites, les tensions concernant l'énergie, la pauvreté et d'autres problématiques "menacent les fragiles équilibres sociaux, économiques, politiques et géopolitiques qui s'y sont construits", a-t-il souligné.

"Dans ce contexte, l'islamisme radical a renforcé son implantation au sein des différents Etats qui composent cette zone", a-t-il poursuivi.

Tous les pays de la région sont affectés par des menaces sécuritaires, a reconnu l'ancien Premier ministre algérien Ahmed Ghozali, qui a ajouté que la situation en Libye était particulièrement préoccupante.

Pour lutter contre le terrorisme, il est essentiel d'améliorer la situation économique dans chaque pays et d'appliquer l'Etat de droit, a-t-il insisté.

"Il ne peut y avoir de sécurité sans développement", a répété à plusieurs reprises cet ancien chef du gouvernement.

Les pays du Maghreb doivent mettre de côté leurs différends politiques pour parvenir à l'intégration souhaitée impatiemment par les peuples, a ajouté Ghozali. Ils pourront alors tirer parti de leurs forces complémentaires et de leur force de négociation pour agir en tant que pôle régional fort.

Selon le ministre marocain délégué aux PME, une distribution plus équitable de la richesse entre le Nord et le Sud et l'activation d'un nouveau partenariat Sud-Sud sont "l'une des clés essentielles à la création des conditions d'une vaste zone de stabilité dans le Sahel et le Maghreb".

"Le rôle des jeunes et des femmes est particulièrement essentiel pour agir en faveur d'une condition sine-qua-non pour que puisse se mettre en place le cercle vertueux de la prospérité et de la stabilité, à savoir l'intégration régionale", a ajouté Mamoun Bouhdoud.

Les participants ont également souligné l'importance d'un renforcement de la confiance entre les gouvernements et les populations, et de l'investissement dans la nouvelle génération.

La jeunesse du Maghreb et du Sahel est confrontée à plusieurs problèmes, comme le faible niveau d'éducation, la pauvreté, l'exclusion sociale et le chômage, estime Hicham Lakbiri, un étudiant.

"Cela contribue à attiser les tensions et prédispose davantage les jeunes à tomber dans les affres du terrorisme ou à s'adonner à des activités criminelles pour des raisons financières", explique-t-il.

Il souhaite que les jeunes jouissent de la place qui leur revient au sein de la société, afin qu'ils puissent constituer une force pour le développement et la stabilité.

Lutter contre le chômage est la meilleure manière de parvenir à la stabilité dans la région et de promouvoir la confiance entre les gouvernements et les citoyens, a-t-il expliqué à Magharebia.

Les jeunes constituent la majorité de la population dans les pays de la région, a rappelé le politologue Jamal Farhani.

"Il faut miser sur le développement et la promotion de l'emploi pour éviter que les jeunes ne soient une proie facile entre les mains des réseaux criminels ou qu'ils versent dans le radicalisme", a-t-il ajouté

Magharebia