Prescrire de l'aspirine en prévention des AVC ou des maladies cardiovasculaires serait inutile et dangereux pour 1 patient sur 10, selon les résultats d'une étude publiée dans la revue Journal of the American College of Cardiology (JACC). Certains patients ne devraient pas consommer d'aspirine. Ce médicament provoque des risques réels de saignements.

Le débat sur la prise quotidienne d'aspirine en prévention des maladies cardio-vasculaires et du cancer est à nouveau au cœur des débats scientifiques.

Les chercheurs ont étudié les ordonnances d'aspirine de 119 cabinets médicaux entre 2008 et 2013. La Food and Drug Administration (FDA) déconseille la prise régulière d'aspirine pour prévenir les infarctus chez les personnes n'ayant jamais eu de problème cardiovasculaire. L'Agence américaine du médicament justifie cette mise en garde par le risque d'hémorragie de l'estomac ou du cerveau que cela pourrait provoquer. En effet, pour les personnes en bonne santé, les bénéfices de l'aspirine n'ont pas été démontrés scientifiquement sur le plan cardiaque, contrairement au danger hémorragique, insiste l'agence américaine. Si le risque cardiovasculaire à 10 ans est inférieur à 6 %, il est inutile de prescrire de l'aspirine.

Les résultats de l'étude révèlent que dans 12 % des cas, les malades en consomment.

« Les professionnels de santé doivent se demander si le risque de saignements dépasse les bienfaits potentiels du traitement chez des patients qui ne correspondent pas aux recommandations » expliquent les chercheurs de l'étude.

« Puisque l'aspirine est en accès libre, l'éducation des patients et du public contre une consommation d'aspirine sans recommandation médicale jouera aussi un rôle clé pour éviter ces mésusages », souligne Ravi Hira, cardiologue et auteur de l'étude.

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de réserver la prescription d'aspirine à la prévention secondaire, c'est-à-dire chez les personnes qui ont un risque élevé de maladie cardiovasculaire.



Top Santé