Emploi
L’impact des stratégies industrielles tarde
Agriculture et BTP, les moteurs pour 2015

Emploi saisonnier, aides familiales, informel… les postes attendus cette année
«Quand la campagne agricole est bonne, l’emploi est en principe dynamisé».##img0## La croissance économique de 4,8% prévue en 2015 sera tirée par le secteur agricole. Elle se traduirait par le recul du chômage de 0,2 point: 9,6% en 2015 contre 9,8% en 2014. Et à moins d’avoir une croissance de plus de 7%, il paraît impossible de faire fléchir le taux de chômage à 7%, l’objectif fixé par le gouvernement au début de la législature.

Sur les huit dernières années, celui-ci a tourné autour de 9%. En 2011, il a baissé à 8,9% sous l’effet de la hausse de l’informel, avant de repartir à la hausse. L’année dernière, il est remonté de 0,6 point retrouvant le niveau de 2007.
Les différents plans sectoriels n’ont pas encore produit d’effets importants, à l’exception de certains secteurs comme l’aéronautique et l’automobile. Et ce, même si les métiers mondiaux du Maroc représentent 38,3% du total des exportations en 2014. Un accroissement de la part de l’industrie dans le PIB est attendue les prochaines années, soit 9 points pour atteindre 23% en 2020 contre 14% aujourd’hui.

Dans l’industrie, et en attendant le demi-million d’emplois qui proviendraient à parts égales des IDE et du tissu industriel modernisé, ce sont les secteurs traditionnels qui continuent de générer de l’emploi. Au troisième trimestre 2014, l’industrie a certes créé 31.000 postes contre une perte moyenne de 16.000 au cours des trois dernières années. Cela a été surtout le fait du textile, bonneterie et habillement ainsi que de l’industrie alimentaire et de boisson. Même si les indicateurs du chômage sont calculés au niveau national, le phénomène reste urbain. Dans les villes, le taux dépasse le niveau national de 4 à 5 points. ##img1##De même, les jeunes de moins de 25 ans ont du mal à se positionner sur le marché du travail. Dans les zones urbaines, cette catégorie est à des taux de chômage qui représentent plus du double du niveau national. Idem pour le chômage des diplômés.

Cette année aussi, une part importante de l’emploi sera créée, comme cela a été annoncé par Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au Plan, par l’agriculture ainsi que le BTP. Des secteurs qui se caractérisent, comme cela a été relevé à maintes reprises, par la faiblesse de leurs multiplicateurs d’emploi qualifié. Dix emplois directs se traduisent par 2 postes indirects dans l’agriculture, autant dans le BTP et par 3 emplois dans les services.

Au total, plus de 170.000 postes (le marché du travail connaît annuellement l’arrivée de 180.000 demandeurs d’emploi), dont l’essentiel sera composé d’emploi saisonnier, aides familiales et informel, sont attendus cette année. Dans ces conditions, la part de l’emploi qualifié ne risque pas de connaître de changements majeurs. D’ailleurs, dans les statistiques sur l’emploi et le chômage, un indicateur demeure important: le taux de sous-emploi. Ce phénomène, dont le niveau est lié à la situation économique (10,5% en 2011 contre 9,2% en 2012 et 9,8% en 2013), concerne aussi bien les villes que les campagnes. Il englobe les actifs occupés âgés de 15 ans et plus à la recherche d’un autre emploi. Et ce, soit en raison de l’inadéquation de leur poste avec leur qualification ou encore pour l’insuffisance du revenu procuré par leur travail. D’ailleurs, en raison de la précarité de l’emploi, une partie importante des personnes qui travaillent se considèrent comme occupant un emploi provisoire en attendant un poste plus stable.
K. M.