Les riverains acclament

La mesure prise par la wilaya date des_années 1980, mais on n’a jamais_cherché à l’exécuter.


lles étaient cinq, puis seulement deux et enfin elles ont fini par fermer leurs portes. Les fameuses maisons de tolérance de Skikda sont bel et bien closes après près d’un siècle d’existence et de tolérance aussi.

La décision a été prise par le wali qui a tenu à répondre, positivement, aux appels des familles riveraines des lieux. Celles-ci poussent aujourd’hui un grand ‘ouf !’ de soulagement. «On rêvait de cette fermeture depuis des lustres», disent ceux qu’on a eu à approcher. «Le Soleil», «Le chat noir» et les autres maisons de tolérance qui ont imprégné la vox populi de tant d’anecdotes et de drames n’ont pas connu tant de tolérance que ça.

Elles ont aussi connu des rixes mortelles du temps des «Parachutistes de Skikda», avant d’être une destination de choix aux Chinois, Japonais, Hindous, à quelques Algériens et aux autres marins Philippins, souvent très bruyants. Situées en plein cœur de la vieille ville et à moins de 200m de Bab Qcentina, ces lieux ont fini par ‘tuer’ toute vie sur un pan important du quartier populaire du Monplaisant. On évitait même de passer par la rue longeant ces maisons pour déjouer toute suspicion.

«On a tenté à maintes reprises de sensibiliser, à coup de pétitions, les responsables locaux mais on ne nous a jamais écouté.

Nous n’avons rien contre les malheureuses pensionnaires de ces maisons, mais on se retrouvait piégés par la proximité de nos demeures et nos commerces avec ces lieux.

Ces parages étaient une authentique zone morte de la ville», témoigne un habitant. «Moi j’ai toujours habité avec ma vieille mère à l’ouest de ces maisons. Notre jardin donne directement sur la façade ouest et croyez-moi, par pudeur, il nous était impossible de faire un pas dans notre jardin vu sa proximité directe avec la façade», témoigne un des riverains. «Le crime commis dernièrement dans l’enceinte même de ces maisons n’est pas la cause principale de la fermeture de ces lieux, il n’a fait, que la précipiter. La fermeture avait été décidée bien avant», avance une source proche du cabinet du wali. Et de poursuivre : «il faut savoir qu’un arrêté de fermeture de ces lieux date des années 1980. Seulement, on n’a jamais cherché à l’exécuter. Il a fallu attendre 2014 pour redonner plus d’espace et plus de vie aux habitants de ce quartier qui sont en droit de disposer d’une vie familiale sans éprouver la moindre gène».

La même source rajoute que le premier responsable de la wilaya a chargé le P/APC et le directeur de l’agence foncière de suivre le dossier, et de lui soumettre un canevas d’idées de projets devant contribuer à fructifier cet espace urbain des plus stratégiques.

Un travail qui pourrait même être poussé car quelques riverains se disent prêts à céder leurs terrains pour permettre aux pouvoirs d’envisager des projets d’envergure.

Khider Ouahab- El Watan