Avant d'être une affaire de sécurité, l'affaire de Charlie Hebdo est véritablement une bataille médiatique menée par des lobbys anti-musulmans en France.

Devant l'avalanche des débats discriminatoires envers les musulmans de France et l'absence des représentants de la communauté algérienne ou arabe et musulmane sur les plateaux des télévisions françaises, les télévisions algériennes privées qui ont véritablement couvert l'affaire Charlie Hebdo, n'ont pas fait le suivi nécessaire avec la communauté algérienne en France pour des raisons logistiques. Mais là où le bât blesse, c'est l'absence totale de la Télévision publique nationale qui a pourtant un bureau à Paris.

Canal Algérie, télévision dépendant de l'Eptv, qui a été justement créée en 1994 pour améliorer l'image de l'Algérie en Europe suite à la polémique créée par les médias français sur le «qui-tu-qui», est devenue une petite télévision qui fait du copier-coller sur les programmes de la terrestre. La direction de Canal Algérie a abandonné toute initiative de reconquête du terrain médiatique en Europe. Aucun débat n'a été organisé par la télévision francophone algérienne pour donner la parole à la communauté algérienne en France ou éventuellement faire parler les spécialistes algériens sur cette polémique sur Charlie Hebdo. Canal Algérie a été pourtant la première télévision francophone à dénoncer les caricatures sur le Prophète (Qsssl) au point où une erreur d'un monteur qui a diffusé une image des caricatures anti-islam a coûté la place à son directeur de l'époque, Lotfi Cheriet, qui a même échappé à la prison.

L'époque de Cheriet, comme celle de Yazid Attout ou Salim Rebahi ont sans doute été meilleures que celle de l'actuelle direction de Canal Algérie, dirigée par Chermat.

Ce dernier a fait de Canal Algérie la pire télévision maghrébine du moment. Cette situation a provoqué un début de crise à Canal Algérie, car après avoir multiplié les ratages en échouant à faire des émissions sur l'Aïd ou le Nouvel An, la chaîne enregistre plusieurs démissions depuis quelque temps. Canal Algérie est actuellement sans rédacteur en chef de l'information. Plusieurs cadres de Canal Algérie ont suivi le mouvement en démissionnant de leur poste pour incompatibilité d'humeur avec leur responsable. Le journaliste le plus écarté injustement c'est Ahmed Lahri, qui est interdit d'émission, depuis que la nouvelle direction est en place. La vedette de Canal Algérie qui est convoitée par France 24 et TV5 a décidé de rester à la télévision algérienne par fidélité, même s'il est consigné au JT de 19h. Il lui est interdit de faire une émission de débat politique ou économique, ce qui a poussé le jeune et talentueux journaliste à faire un rapport à la direction générale pour dénoncer cette situation. Lahri n'est pas le seul à mettre en exergue l'incompétence et l'irresponsabilité de la direction actuelle. Plusieurs autres journalistes vedettes de Canal Algérie ont tout simplement quitté la chaîne, c'est le cas de Wafa Meftah qui animait l'émission Paroles de femmes ou encore Dalia Hamoutène qui a choisi de rallier le département de la jeunesse.

Cette mise à l'écart des lumières de Canal Algérie a ouvert la voie aux médiocres, puisque la plus ancienne télévision francophone d'Afrique possède aujourd'hui des rédacteurs en chef qui ont seulement trois ans de télévision et zéro année de terrain.

Au moment où la France déploie ses antennes privées et fait de France 24 son porte-parole à l'étranger, Canal Algérie a échoué à être le porte-drapeau du ministre algérien des Affaires étrangères en Europe.